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mardi 25 août 2009

Une recette pour les écrivains (3)

Liste du matériel pour la couverture :

  • Un plan de coupe ou, à défaut, un « martyre », c’est-à-dire un carton épais qui servira à isoler votre table de travail de la lame de l’outil de découpe.


  • Un couteau de relieur ou un cutter (ou, à défaut, des ciseaux).


  • Une équerre et une règle graduée, métalliques de préférence.


  • Un crayon à la mine extra-fine, ni trop sèche (elle grave le papier) ni trop grasse (elle salit lorsqu’on doit effacer), une gomme.


  • Une pointe à tracer ou une aiguille.


  • De la colle blanche vinylique.


  • Le papier vierge de la couverture de votre livre pour faire un essai avant de passer à la couverture définitive. Je sais bien qu’il est difficile de tempérer son enthousiasme, mais la prudence est préférable à l’impatience car, chaque fois qu’on passe au réel, même lorsqu’on pense avoir tout prévu, on a des surprises.

Comment réaliser la couverture :

Une fois les feuilles du livre assemblées, mesurer la première page et le dos. Ajouter ½ mm à chaque mesure. Le dos sera ainsi plus large d’1mm. Cela peut paraître énorme, mais la couverture ne doit ni dépasser ni s’avérer de dimensions insuffisantes. D’autre part, elle sera pliée et il faut compter son épaisseur. Je choisis souvent un bristol ou un papier à dessin qui passe sans problème à l’imprimante et qui donnera une couverture souple, moderne, pas trop épaisse. J’effectue un premier essai pour voir ce que cela donne et je rectifie éventuellement (il est rare, à cette étape, que j’aie à le faire).

Avec l’aide d’un logiciel de DAO (dessin assisté par ordinateur) si vous pouvez ou, à défaut, de PAO (publication assistée par ordinateur), prévoir votre couverture comme vous le souhaitez. Les choix de composition s’avèrent souvent difficiles. Une fois votre travail terminé, il est intéressant d’en sélectionner tous les éléments, de les grouper ou de les associer (suivant le vocabulaire de votre logiciel) et de choisir l’option Centrer sur la page. Vous pouvez aussi prévoir, sur une deuxième page, les repères de découpage et de pliage. Personnellement, dans le doute, je préfère toujours la simplicité car j’ai remarqué que je faisais un peu moins d’erreurs ainsi. Je ne me décourage pas, car je sais que plusieurs essais sont nécessaires.

Sur le recto de la feuille de bristol ou de dessin, imprimer la couverture. Il faut faire attention au sens de la feuille quand elle sort de l’imprimante et prévoir son orientation lorsqu’on l’insère à nouveau si l’on désire imprimer au verso les repères de découpage et de pliage. Sinon, il faudra tracer ces repères au crayon avant la découpe.

Découper la couverture au cutter sur un plan de coupe, de préférence. La découpe à l’aide de ciseaux est possible, mais elle est plus difficile.

Avec une pointe à tracer (ou une aiguille) et une règle, passer sur les lignes de pliage qui délimitent le dos du livre. Plier soigneusement.

Coller la couverture sur le dos du livre avec la colle vinylique. Replacer le livre dans l’étau de relieur, sans trop serrer, dos contre la table de travail. Laisser sécher. C’est terminé !

Voici maintenant deux projets de couverture pour mon dernier livre (la partie de l'image de couleur foncée autour de chaque couverture est le support sur lequel j'ai posé le livre pour prendre la photo) :



Laquelle préferez-vous?

dimanche 23 août 2009

Une recette pour les écrivains (2)

Liste du matériel pour assembler les pages :

  • Un étau de relieur : on peut le fabriquer soi-même, mais il faut choisir un bois qui ne risque pas de se déformer selon les variations de température ou d’humidité ; on peut aussi avoir un parent ou un ami bricoleur, connaître un menuisier sympathique ou encore s’adresser à un magasin spécialisé.
  • Une équerre à talon, si possible.
  • De la ficelle fine ou du fil épais.
  • Un bout de tarlatane (surtout, ne pas la laver afin de lui conserver son apprêt qui lui donne sa tenue).
  • De la colle blanche vinylique qui, une fois sèche, garde sa souplesse.
  • Des ciseaux ou un cutter.
  • Une petite scie à métaux.
  • Du papier essuie-tout.
  • Un petit pot avec de l’eau pour laisser reposer le pinceau afin d’éviter le collage des poils.

Comment assembler les pages :

Préparer à l’avance tout le matériel et le ranger à portée de main.
En tassant les feuilles verticalement contre la table et en s’aidant de l’équerre à talon, égaliser les tranches du livre. Prendre le temps d’effectuer correctement cette opération délicate et ne pas hésiter à recommencer autant de fois que nécessaire.
Maintenir les feuilles ensemble et insérer lentement le livre dans l’étau, dos vers le haut, de manière à ce qu’il dépasse de peu le bord de l’étau. Visser les poignées de l’étau puis lâcher le livre lorsqu’il est bien enserré.
Mesurer le dos et couper la tarlatane à ses dimensions.
Avec la scie à métaux, entailler le dos en plusieurs endroits sur une profondeur égale ou juste supérieure au diamètre du fil ou de la ficelle fine. Plus le livre est petit, moins il faudra d’entailles encore appelées « grecques ».
En partant du milieu vers chaque extrémité, badigeonner le dos de colle.
Placer les morceaux de fil dans les grecques et badigeonner à nouveau d’un petit peu de colle.
Appliquer soigneusement la bandelette de tarlatane. Ajouter encore une légère couche de colle et laisser sécher pendant plusieurs heures.
Retirer le livre de l’étau et, avec les ciseaux ou le cutter, couper les fils qui dépassent de chaque côté.
Cette étape terminée avec succès, il est temps de passer à la réalisation de la couverture. Mon prochain article vous donnera quelques indications à ce sujet.

samedi 22 août 2009

Une recette pour les écrivains (1)

Aujourd’hui, je ne vous parlerai ni de littérature, ni de gastronomie, mais d’une recette destinée aux écrivains amateurs qui désirent que leurs livres existent, qu’ils puissent enfin les tenir dans leurs mains, en tourner les pages avec émotion, caresser la couverture de chaque volume, les offrir à quelques parents ou amis. Ces ouvrages, réalisés entièrement par leur auteur en édition privée, seront d’autant plus précieux à chacun.

On n’a souvent besoin que d’un très petit nombre d’exemplaires de son livre. Dès lors, pourquoi s’ennuyer inutilement à présenter son manuscrit à des éditeurs qui, submergés de sollicitations, ne le liront même pas et opposeront un refus courtois au bout de plusieurs semaines, voire plusieurs mois ? Pourquoi attendre en vain ? Ne vaut-il pas mieux s’occuper de tout soi-même et avoir un livre « sur mesure » ?

D’autre part, en s’intéressant au sujet, on constate que d’autres ont déjà commencé à réfléchir et à s’organiser en toute indépendance, garantie d’une réussite très modeste, certes, de leurs objectifs, mais réelle. Et l’on découvre l’existence de nombreuses œuvres parallèles aux circuits officiels : des poèmes, des romans, des essais, qui s’échangent entre personnes de bonne compagnie. Ces cadeaux ont infiniment de valeur, puisque c’est celle de l’amitié.

Voici donc quelques étapes de fabrication d’un livre à reliure collée, très simple. Les plus habiles pourront s’essayer aux reliures complexes ou choisir l’extrême raffinement d’un livre d’artiste unique mais, si l’on désire réaliser plusieurs exemplaires, on peut commencer facilement de la manière que je vais décrire. Réussir son premier ouvrage, même s’il paraît humble, incite à persévérer et à approfondir sa démarche.

1ère étape : le traitement de texte :
On saisit son texte et on le met en forme comme on le souhaite. On peut s’inspirer d’ouvrages du commerce ou être plus créatif et original. Il est souvent utile de prévoir une marge intérieure plus grande que celle de la bordure. Pour cela, dans Fichier, Mise en page, on sélectionne Pages en vis-à-vis et on indique un nombre dans le champ intitulé Reliure. On peut faire des essais à l’écran en affichant le zoom Deux pages.

2ème étape : le papier :
Il est nécessaire de choisir une épaisseur suffisante afin qu’en imprimant les pages, l’encre ne traverse pas des feuilles trop fines, ce qui aurait pour effet de gêner la lecture. Je conseillerai, pour un papier ordinaire, un grammage de 100 g.
Il est parfois difficile de trouver en papeterie un format inférieur au A5 ou un format particulier. Pas question de renoncer ou de se plier à l’uniformité ambiante ! On peut massicoter soi-même son papier, ce qui aura l’avantage de pouvoir intercaler des feuilles différentes mais, si l’on ne dispose pas d’une rogneuse ou de l’atelier d’un club de reliure à côté de chez soi, il faut savoir que malgré tout le soin qu’on prendra, la tranche ne sera jamais lisse. Pour remédier à cet inconvénient, je conseillerai de s’adresser à un imprimeur gentil qui coupera votre papier avec un massicot professionnel.
En ce qui concerne la couverture, cela dépendra de ce que votre imprimante est capable d’accepter. Il existe cependant un choix varié de textures et de grammages.

3ème étape : le livre :
Mes deux prochains articles permettront de voir le matériel nécessaire et la manière de procéder.