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jeudi 27 février 2014

Quatrième tableau


Voici le dernier tableau de la série "Coquecigrue, coccinelle". Il est intitulé "Labyrinthe Génorex". La Génorex est une entreprise fictive, un laboratoire d'expérimentation. Je viens de recommencer la publication de l'image en grand et Picasa a l'air de mieux fonctionner.



Bon weekend à tous ceux qui visitent cette page !



dimanche 19 janvier 2014

"Labyrinthe crocodile tricéphale"

Voici le troisième tableau de l'installation "Coquecigrue, coccinelle" intitulé "Labyrinthe crocodile tricéphale". Comme les précédents, sans recherche d'esthétisme, il tend à exprimer la confusion qui peut être ressentie face à la science contemporaine.
 

technique mixte sur toile 50x65cm
 
Pour répondre à une question que Danielle, d'"Album vénitien", m'avait posée sur la technique, voici une image qui va me permettre d'expliquer comment je m'y prends :
 
 
J'ai d'abord dessiné un croquis au feutre noir sur papier blanc, à des dimensions presque similaires à celles du tableau. Ce croquis me sert de guide, mais je ne le reproduis pas à l'identique sur la toile, car chaque technique impose des orientations différentes au travail.
Sur la toile, je verse de l'encre de Chine en la laissant vivre par rapport à de l'eau que j'ai déjà étalée ou à des endroits secs ou moyennement humides. J'aime cette phase lente au cours de laquelle j'observe autant, sinon plus, que j'interviens. Je trouve que l'encre est vraiment une matière merveilleuse et, depuis des années, j'éprouve toujours une immense joie intérieure chaque fois que je peins avec.
Ensuite, je passe à la couture, qui pour moi, ici, correspond à quelque chose d'intime et de féminin sans appartenir à la décoration.
Aux tracés noirs du dessin préparatoire correspondent des sortes de tressages en fil doré réalisés avec un crochet fin. Il me plaît de savoir que le fil vient du Japon, car j'aime beaucoup ce pays qui me fait rêver. 
Le fil est souple et, en même temps, il a de la tenue. Je prends deux brins à la fois afin d'obtenir la couleur exacte que je désire : le fil plus foncé, d'un or tonique, est aussi le plus brillant ; le fil plus clair le nuance par sa douceur et sa plus grande légèreté de ton.
La ficelle blanche me sert à mesurer la longueur à tresser et la pince à extraire l'aiguille lorsqu'elle est coincée entre la toile et le châssis sur les bordures.
Il me faut environ un mois pour terminer un tableau, en considérant que je couds un peu chaque soir après ma journée de travail.
 
Il me reste encore un tableau à réaliser, que j'espère vous montrer sans doute à la fin du mois prochain.
 
 

mercredi 27 novembre 2013

"Labyrinthe souris"

Depuis plusieurs années, je travaille en arts visuels sur le thème du "Laboratoire", autrement dit j'exprime mes interrogations sur les implications de la science contemporaine dans notre vie quotidienne. Voici un extrait de mes dernières recherches plastiques qui s'organisent autour d'une histoire intitulée "Coquecigrue, coccinelle". Il s'agit du tableau "Labyrinthe souris", photographié sous deux éclairages différents :
 

 
L'image n'a pas de visée esthétique. Je ne propose aucune réponse, aucune théorie, je me contente d'évoquer des impressions, de susciter un questionnement par l'intermédiaire du tableau et des autres éléments d'une installation qui doit l'accompagner (le livret avec l'histoire inventée, la petite sculpture que vous avez déjà vue et plusieurs autres tableaux que je devrais réaliser avant la date du 1er juin 2014). Chaque élément du tableau se justifie par rapport à l'interprétation du sujet et sa correspondance avec l'histoire.
 
Je vous souhaite une agréable fin de semaine.

samedi 23 novembre 2013

"La barque d'or, Venise des brumes"


J'écris plus facilement que je ne peins sur Venise. Voici cependant mon tableau d'une Venise improbable et interprétée.
Bon weekend à tous ceux qui passent par ici !

mercredi 21 décembre 2011

Hommage

Paul a pris sa retraite.
Paul a été, durant plusieurs années, un de mes professeurs d'arts visuels à Angoulême. Il enseignait des notions de couleur et de perspective. Le mercredi matin, j'arrivais à son cours encombrée de mon grand carton à dessin, mes crayons, mes pinceaux, mes pots de peinture, des chiffons, bref, tout le matériel nécessaire au bonheur de dessiner et de peindre.
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Paul professait l'exigence à chaque étape d'un travail et jusque dans les moindres détails : il fallait chercher la nuance la plus juste et l'exactitude du geste, par exemple. En même temps, il était possible d'oser des pratiques plastiques inspirées de la liberté de Dada. Dans notre démarche d'élèves, l'attention la plus grande aux manifestations sensibles de la lumière devait nous amener à la recherche constante de la qualité de la couleur, non seulement dans notre peinture, mais aussi et surtout à l'intérieur de nous-mêmes. C'est grâce à Paul que j'ai découvert Morandi et Rothko.
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L'ambiance des cours de Paul était paisible, concentrée, orientée vers la délicatesse d'âme. Paul prenait le temps de discuter avec chacune d'entre nous : d'art, bien sûr, mais il échangeait aussi, avec beaucoup de bienveillance et de douceur, des paroles plus personnelles. C'est ainsi que nous avions parlé de Venise, Bologne, Procida, des villas palladiennes le long de la Brenta, de Venise et encore de Venise. Paul possédait un bateau, quelque part en Bretagne, et il naviguait vers de belles destinations chaque fois qu'il en avait l'occasion.
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Il nous donnait peu d'indications, malgré nos questions, mais il délivrait juste les informations indispensables au moment où il le fallait et nous invitait à découvrir le reste de par notre propre initiative. Cette forme d'accompagnement, cette discrétion volontaire, constituaient la meilleure méthode d'enseignement : celle qui n'abîme rien, qui fonde des repères solides et durables, qui ouvre l'esprit et donne le goût d'un inconfort favorable aux nouvelles expériences. Je n'ai rien oublié de ce que j'ai appris au cours de Paul et je lui suis infiniment reconnaissante de sa patience, sa gentillesse, sa générosité intellectuelle.
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A son cours, nous apportions parfois des objets que nous aimions : des coquillages, des tissus, des reproductions de nos artistes préférés. Il agissait de même, complétait nos collections destinées à la discussion et à l'étude en nous instruisant d'histoire de l'art vivante, c'est-à-dire en nous proposant de réfléchir sur les rapports entre l'art et la vie des hommes dans leur histoire, passée et contemporaine.
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Paul nous montrait aussi que les choses paraissant modestes sont souvent riches d'intérêt. Qui mieux que lui aurait pu nous faire comprendre la subtilité des blancs nacrés de l'intérieur d'une coquille d'huître, les merveilleuses irisations de la peau d'une sardine, les transparences et les brillances de bocaux et de vases en verre ou en métal que Vermeer aurait appréciées ?
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A différentes périodes de l'année, Paul nous apportait des fleurs. La saison venue, nous disposions d'un pot de cyclamen pour trois ou quatre élèves. Leur vigueur, leur droiture élancée vers la lumière, la fragile et forte ordonnance de leurs pétales à l'admirable torsion géométrique, compensaient leur apparente modestie. Un beau symbole d'élégance, de sensibilité et de réflexion, à l'image de Paul. C'est pourquoi, afin de lui rendre un hommage sincère, j'ai choisi de peindre un cyclamen que je vous présente aujourd'hui.
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acrylique sur toile, 50x65cm
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Je souhaite à Paul une heureuse retraite, propice à l'art, à la création, aux voyages.
Peut-on imaginer qu'il a toujours refusé de montrer son travail d'artiste ? Ce fut pourtant le cas. Non seulement il n'exposait pas, mais jamais nous n'avons réussi à voir ne serait-ce qu'une photo d'une de ses oeuvres. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé de savoir, en nous y prenant de l'allusion la plus légère à la demande la plus directe.
La mer et la Bretagne ont des mystères qu'elles ne délivrent pas, mais les regrets liés à l'ignorance d'un secret n'entretiennent-ils pas l'imaginaire ?
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samedi 8 octobre 2011

400ème message : Bords de Vienne à Chabanais 1

Pour ce message un peu particulier, j'ai choisi de vous montrer mon dernier tableau, juste terminé.
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acrylique sur toile - 50x67cm


dimanche 27 mars 2011

"Equilibre 1"

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C'est le titre d'un petit volume que je viens de terminer (il n'est pas du tout certain qu'il y en ait d'autres, malgré le numéro du titre). L'armature en grillage à petites mailles carrées est recouverte de bande plâtrée dorée et peinte. L'ensemble, socle compris, mesure environ 1,15m.
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mardi 7 décembre 2010

Je l'ai terminé la semaine dernière...


Il s'agit de mon dernier livre, une histoire improbable de parfum et de science que je me suis beaucoup amusée à écrire.
Impression au format A6, reliure collée, couverture en papier photo.

vendredi 26 juin 2009

Vesuvio (5)

Voici un de mes croquis réalisés à Naples. Je ne les montrerai pas tous, car je pense que mes lecteurs préfèrent Venise. L'appareil photo ne me permettant pas le format panoramique, je n'ai pu éviter les espaces blancs au-dessus et au-dessous de l'image. Je vous prie de m'en excuser.

dimanche 14 juin 2009

samedi 13 juin 2009

Vesuvio (1)


Cette publication (et quelques autres qui suivront) présente une de mes peintures du Vésuve. Malheureusement, vous ne verrez qu'une partie du tableau, car son format panoramique ne correspond pas à celui de l'appareil photo. Mais cela vous donnera quand même une petite idée de ce travail. Les tableaux ont été peints à l'acrylique à mon retour de voyage en Campanie. Ils font suite à une série de croquis réalisés sur place, chaque jour à la même heure, à l'aquarelle. Le Vésuve a des milliers de visages : j'ai constaté qu'il changeait d'aspect à chaque instant et d'un jour à l'autre. Je ne me serais pas lassée de le représenter, même si je n'ai pas le talent d'Hokusai. Mais les vacances étaient finies, il a fallu repartir. Curieusement, le Vésuve a manqué quelque temps à mon paysage intérieur et cette sensation s'est reproduite après chacun de mes voyages à Naples.

lundi 1 juin 2009

Concerto a Venezia





Je ne pouvais terminer cette publication hebdomadaire sans évoquer Venise à travers ce souvenir d'un concert donné à l'église San Vitale.

jeudi 16 avril 2009

Notes sur le Suminagashi (2)

Le vieux peintre souriait. Son visage plein de rides exprimait la douceur, la sérénité, la bienveillance. Je constatai avec surprise que son atelier baigné de lumière contenait peu d’objets : un bac rempli d’eau, un éventail, des feuilles de papier, quelques pots d’encre, un flacon de fiel de bœuf, un petit portique auquel étaient suspendus des pinceaux dont le manche de bambou retenait de longs poils de chèvre, un coffret de calligraphie, un sceau et de la pâte rouge. Près de la porte, des cartons à dessin recueillaient les œuvres du maître, lorsqu’elles avaient fini de sécher à plat sur le sol. Vêtu d’une ample tunique blanche sur un pantalon décoloré, chaussé de sandales, le vieil homme regardait le ciel à travers la grande baie vitrée qui laissait entrer la clarté naturelle du jour.
« Qui se soucie encore de la course des nuages ? » demanda-t-il d’une voix si faible que je l’entendis à peine.
Je ne savais que dire. Il ne semblait pas vraiment attendre de réponse. Le silence me séparait de lui mais des paroles maladroites m’auraient éloigné à jamais. Je n’osai le presser de questions, malgré mon avidité d’apprendre. Il ne se souciait guère de ma présence. Au bout d’un moment qui me parut une éternité, il quitta la fenêtre et se dirigea avec lenteur vers le divan. Il s’assit parmi les coussins en réprimant une grimace de douleur. Il respirait d’un souffle court et léger et devait se reposer après le moindre effort. Son corps le trahissait à chaque instant. Seul son regard brillait d’un éclat intense. Je risquai quelques mots, lui parlai de mes recherches personnelles et lui demandai ce qui pourrait me guider sur la bonne voie.
« Il faut tendre vers les sommets de l’exigence : ce qui est simple, joyeux et libre, me répondit-il sans hésiter.
— J’ai souvent l’impression de ne rien maîtriser, insistai-je. Les couleurs, les formes, tout m’échappe.
— A un certain stade du travail, reprit-il en souriant, c’est la peinture qui décide et qui conduit l’artiste dans la direction nécessaire. Il faut laisser vivre la peinture par elle-même et savoir, parfois, ne pas intervenir.
— C’est ce qui se passe avec le Suminagashi ? »
La conversation épuisait le vieil homme, mais il rassembla son souffle et termina notre entretien par ces paroles :
« Le Suminagashi ressemble à notre existence : par le désir d’observation et la finesse de l’attention, nous commençons à acquérir un semblant d’expérience grâce auquel nous parvenons à guider partiellement notre vie, comme l’encre voyage à la surface de l’eau, renouvelant sans cesse des motifs qui s’imbriquent les uns dans les autres au fur et à mesure de l’évolution du travail. L’exigence que nous montrons pour le choix du papier, la pureté de l’eau, l’intensité de la couleur, la précision du geste, la qualité du souffle ou la douceur de l’intention, influe aussi sur les tracés de la peinture. Il convient de lui laisser suivre son propre cours, qui dépend de la fraîcheur de l’air, de la fragilité de l’instant et surtout de l’impondérable, indispensable à la vérité de l’être comme à la beauté de l’œuvre. Ainsi nous acceptons avec sérénité de renoncer à la faiblesse de croire qu’il nous appartient de cristalliser les formes ou de diriger les événements. Nous choisissons de traverser la vie en recueillant les dons précieux qu’elle nous offre. Lorsque nous accompagnons d’un geste continu le déroulement du papier au contact de l’eau, nous saisissons un moment unique, nous retenons une structure du temps dont nous ignorons encore tout, puisque l’opacité de la feuille la dissimule à notre regard. Nous avons seulement tenté d’anticiper un mouvement inversé dont la complexité nous échappe. L’ultime décision n’est-elle pas la confiance ? »