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mercredi 19 juin 2013

Un peu de lecture...


Récemment, grâce à Marie-Josée du blog "Petits essais en forme de notules" (lire sa publication du vendredi 3 mai 2013), j'ai découvert et tout de suite aimé cette oeuvre de Germaine Guèvremont. Pourquoi cet attrait immédiat ?
D'abord pour la sensualité de l'écriture : on est plongé dans une nature d'une beauté grandiose que l'homme doit parfois affronter mais qui peut se révéler sublime et, cette nature, on la respire, on la vit, il nous est donné de l'imaginer par tous nos sens.
Ensuite, pour l'impression d'une familiarité que je qualifierais de "voisine": les caractères forts, les passions retenues et silencieuses, le courage, la vie quotidienne à la campagne, n'étaient pas si différents au Canada et en France, si ce n'est par des conditions climatiques contrastées, intenses, et des espaces bien plus grands au Canada.
J'ai beaucoup aimé certaines expressions pour leur couleur poétique, leur originalité, leur humour parfois. Par exemple, j'adore le mot "contraireux" et je vais certainement l'intégrer à mon vocabulaire personnel. Un contraireux, nous en connaissons tous et nous en sommes aussi, de temps en temps. Il s'agit d'une personne au caractère bien trempé, à laquelle on n'ose suggérer une nouvelle idée qu'avec d'infinies précautions, de la subtilité, sous peine d'obtenir l'effet inverse de celui souhaité, tant cette personne s'ingénie à vous contredire, pour le principe ou de manière aussi inconsciente, cette contradiction pouvant être inhérente à sa personnalité.
J'aime aussi "à la brunante" (à la nuit tombante), un "quêteux" (un mendiant, avec une nuance liée à la religion, comme la différence entre la charité et la solidarité, par exemple), et  bien d'autres expressions encore que chacun doit avoir le plaisir de découvrir et de s'approprier.
Un lexique à la fin du livre explique sobrement le vocabulaire sur lequel on peut s'interroger, bien que le contexte permette de comprendre la plupart des mots.
Cependant, j'ai encore quelques questions, que voici :
  • Qu'est-ce que "les tartes à Lafayette"?
  • Le verbe "greyer" (préparer, équiper), viendrait-il du mot "gréer"?
Pas un mot de trop, pas un qui manque ou qui soit équivoque : une écriture serrée, tenue, vigoureuse et fière, comme celle de Germaine Guèvremont, sont de celles que j'apprécie.
J'ai hâte à présent de lire "Le survenant". J'ai insisté auprès de mon libraire de Limoges pour qu'il me le procure.
Marie-Josée m'informe du fait qu'on peut trouver cet ouvrage à la Librairie du Québec, à Paris. Je n'hésiterai donc pas à solliciter ses libraires si besoin.
 
En attendant sa réponse, j'ai commencé (et presque terminé) :
 
 
Il s'agit d'une biographie où l'Histoire tient une large place - impossible de la séparer de De Gaulle - mais c'est Philippe Le Guillou qui l'a écrite, autant dire que ce livre est passionnant, bouleversant, avec des pensées philosophiques profondes et vraies, et qu'un élan, un souffle maîtrisé - donc plus fort et plus durable - porte l'écriture.