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jeudi 1 octobre 2009

Un poème de François 1er

Étant seulet auprès d’une fenêtre

Étant seulet auprès d’une fenêtre,
Par un matin comme le jour poignait,
Je regardais Aurore à main senestre
Qui à Phébus le chemin enseignait
Et, d’autre part, ma mie qui peignait
Son chef doré ; et vis ses luisants yeux,
Dont me jeta un trait si gracieux
Qu’à haute voix je fus contraint de dire :
« Dieux immortels, rentrez dedans vos cieux,
Car la beauté de Ceste vous empire. »

Comme Phébé quand ce bas lieu terrestre
Par sa clarté la nuit illuminait,
Toute lueur demeurait en séquestre,
Car sa splendeur toutes autres minait ;
Ainsi ma dame en son regard tenait
Tout obscurci le soleil radieux,
Dont, de dépit, lui triste et odieux
Sur les humains lors ne daigna plus luire,
Pourquoi lui dis : « Vous faites pour le mieux,
Car la beauté de Ceste vous empire. »

Ô que de joie en mon cœur sentis naître,
Quand j’aperçus que Phébus retournait,
Déjà craignant qu’amoureux voulût être,
De la douceur qui mon cœur détenait.
Avais-je tort ? Non, car s’il y venait
Quelque mortel, j’en serais soucieux ;
Devais-je pas doncques craindre les Dieux,
Et d’espérer, pour fuir un tel martyre,
En leur criant : « Retournez en vos cieux,
Car la beauté de Ceste vous empire ? »

Cœur qui bien aime a désir curieux
D’étranger ceux qu’il pense être envieux
De son amour, et qu’il doute lui nuire,
Pourquoi j’ai dit aux Dieux très glorieux :
« Que la beauté de Ceste vous empire ! »

Roi FRANÇOIS 1er (1494-1547)

« Il y a parfois quelques jolies trouvailles dans les poèmes d’amour, quelques regrets du temps qui passe, un peu de nostalgie devant l’inconstance des passions : « Où estes vous allées, mes belles amourettes… » Sans parler du distique fameux qu’on lui attribue traditionnellement, sans preuve : « Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie. » Au vrai, l’aphorisme s’appliquerait bien plus à François qu’aux belles qu’il aima. »
Jean Jacquart, « François 1er », biographie éditée chez Fayard

5 commentaires:

totirakapon a dit…

Une charade d'hypokhâgneux (ou de maternelle) :
Mon premier est un poisson très apprécié au Piémont.
Mon second est un arbre fruitier.
Mon tout est un roi de France.
Réponse dans le prochain commentaire....

totirakapon a dit…

ANCHOIS POMMIER !

Anne a dit…

Merci de nous faire rire, Totirakapon!
Anne

Michelaise a dit…

Ah qu'en termes galants ces choses là sont dites... va falloir que je suggère à mon mien amoureux de revoir ses déclarations à la hausse !! en lui recommandant la lecture de Miscellanéesanne !!

Anne a dit…

Oui, Michelaise, on peut comprendre les succès amoureux de François 1er avec de tels poèmes.
Anne